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Limiter le risque de gel : astuces et pratiques simples au jardin.

Au printemps, le jardin explose de couleurs et embaume l’air de parfums fleuris… mais c’est aussi une période redoutée des jardiniers. Une nuit de gel peut suffire à compromettre toute une récolte : fleurs qui fanent en pleine pollinisation, jeunes fruits qui chutent, voire plants récemment installés qui ne survivent pas.
Sachez qu’il existe quelques techniques simples et des règles de bon sens pour limiter les effets néfastes du gel printanier.

Cerisier Cœur de Pigeon en fleur.

Rusticité des espèces : à chaque espèce sa sensibilité

Les arbres fruitiers implantés depuis plusieurs années ne craignent pas le gel ; seules leurs fleurs et leurs fruits peuvent être endommagés. Leurs racines sont enfouies profondément en terre, et il faudrait des températures extrêmement basses pendant plusieurs jours consécutifs pour que le sol gèle en profondeur.

Pêcher Amsden en fleur.

Les jeunes arbres, eux, sont plus fragiles. Certaines espèces comme le kaki ou le kiwi demandent une attention particulière durant les deux à trois premières années. Un voile d’hivernage sur le plant et un paillage au niveau du point de greffe peuvent faire toute la différence en cas de gel sévère.

La sensibilité au gel varie en fonction de l’espèce fruitière et du stade auquel elle se trouve au moment du gel. De manière générale, plus le stade est avancé, plus la fleur, puis le fruit, sont sensibles au froid.

Gelée blanche ou gelée noire : connaissez-vous la différence ?

Savez-vous qu’il existe plusieurs types de gel, dont la gelée blanche et la gelée noire ? Les conditions dans lesquelles elles surviennent sont différentes et elles n’ont pas le même impact sur les végétaux.

La gelée blanche correspond à un dépôt visible de givre (petits cristaux de glace) sur les plantes, le sol ou les objets.
Elle se produit lorsque la température de l’air descend sous 0 °C et que l’air contient suffisamment d’humidité. La vapeur d’eau se condense puis gèle directement sur les surfaces, formant le givre. On observe ce voile blanc sur les végétaux au lever du jour.

Paradoxalement, elle est souvent moins destructrice que la gelée noire. En effet, lorsque l’eau passe de sa forme gazeuse (humidité de l’air ambiant) à sa forme solide (glace sur les végétaux), elle libère un peu de chaleur, ce qui procure un léger effet protecteur.

Gelée blanche sur bourgeons de cerisier Noire de Meched

La gelée noire, quant à elle, est une gelée sans givre visible. On constate malheureusement, après coup, que les plantes noircissent, comme “brûlées”.

Elle se produit lorsque la température passe sous 0 °C et que l’air est très sec. Il n’y a pas assez d’humidité pour former du givre, et l’air froid agit directement sur le végétal. L’air sec laisse la température chuter plus brutalement.

La gelée noire est beaucoup plus dangereuse, car le froid agit directement sur les tissus végétaux sans “tampon” thermique. Les cellules éclatent, provoquant des dégâts sévères sur les fleurs et les jeunes fruits.

Une nuit très claire, sèche et sans vent est souvent plus inquiétante qu’une nuit froide avec givre visible.

Bien choisir l’emplacement de ses fruitiers

Lors de la plantation des jeunes arbres, on pense souvent à l’esthétique du jardin, à la proximité de la maison pour profiter des futurs fruits, ou encore à l’espace réservé aux enfants. Pourtant, l’exposition est également un critère essentiel.

Autant que possible, optez pour un emplacement ensoleillé (qui réchauffe rapidement le sol, sèche le feuillage et favorise le mûrissement des fruits) et à l’abri du vent. Évitez les points bas, humides et en cuvette : ces zones froides sont plus propices au gel.

Sélectionner des variétés adaptées à votre climat et à votre terroir

Lors du choix variétal, pensez à diversifier les périodes de floraison. Ainsi, tous vos arbres ne seront pas au même stade de développement au même moment, ce qui augmente vos chances de récolter malgré un épisode de gel.

Sachez qu’une floraison tardive ne signifie pas forcément une récolte tardive. Certaines variétés ont un cycle de production court : elles fleurissent tard mais se récoltent en milieu de saison.

Par ailleurs, certaines variétés sont plus sensibles au gel que d’autres. Vous retrouverez ces informations sur les fiches variétales de notre site internet.

Fiche variétale de la pêche Amsden.

La forme de votre fruitier entre en ligne de compte

Vous l’ignorez peut-être, mais la hauteur des branches peut également faire la différence. En effet, les fleurs d’une demi-tige situées à environ 1,70 m du sol seront moins exposées au gel que celles d’un scion. On observe jusqu’à 1 °C d’écart entre la température au sol et celle mesurée à 1,50 m.

Demi-tige d’abricotier.

La période de taille joue son rôle

Les espèces à pépins (pommier, poirier…), que l’on peut tailler dès décembre, peuvent être taillées plus tard en saison, jusqu’en février. Cela a pour effet de décaler légèrement le réveil végétatif. Le stade phénologique sera ainsi moins avancé lors d’un éventuel gel.

Des gestes simples pour limiter l’impact du froid

Nous vous conseillons de surveiller la météo durant la période de floraison et de grossissement des fruits. Si une vague de froid est annoncée, la prudence s’impose dans vos activités au jardin.

Tondez les zones enherbées : un gazon ou une prairie mal entretenus ralentissent le réchauffement du sol et concentrent l’humidité. Sous les fruitiers, maintenez une végétation basse en période de gel. Attention ! Ne tondez jamais les deux à trois jours précédant une gelée, cela augmente le risque de gel.

Évitez le travail du sol dans les deux à trois jours précédant une baisse annoncée des températures, car cela augmente l’évaporation de l’eau contenue dans la terre et favorise la formation de gelées blanches.

De même, n’arrosez pas juste avant ni pendant une période de froid. Cela refroidit le sol et favorise la condensation lors des variations de température. Les écarts importants entre une journée ensoleillée et une nuit froide favorisent la formation de gelées blanches.

En complément de ces bonnes pratiques, vous pouvez couvrir vos petits arbres d’un voile d’hivernage (type P17). Cette technique est plus difficile à mettre en œuvre sur les sujets adultes. Dans ce cas, vous pouvez recourir à des outils professionnels tels que les bougies ou les cheminées antigel comme nous vous en parlions dans notre article du mois dernier.

Attention : ne couvrez jamais vos arbres avec une bâche plastique. La condensation qui s’y formerait aurait l’effet inverse et accentuerait les dégâts du gel.

Enfin, le paillage, très utile en hiver, demande une gestion particulière en période de gel printanier. S’il conserve l’humidité en période sèche, il fait de même en période froide. Il peut donc être utile de couvrir le sol la nuit et de le découvrir le matin afin de permettre à la terre de se réchauffer au soleil.

Si malgré tout le gel a frappé

Après une nuit de gel, les dégâts sont visibles très rapidement. Dès la matinée, vous constaterez que les feuilles et/ou les fleurs nécrosent, noircissent et se fanent.

Pour les jeunes fruits, coupez-en un en deux et observez le cœur : s’il est noir, c’est qu’il a malheureusement gelé.

Futurs abricots Précoce de Saumur

Une fois les dommages constatés, il n’y a malheureusement plus rien à faire. La récolte est perdue pour l’année en cours : les fleurs ou les fruits tombent et l’arbre ne produira pas cette saison.

Jardiner c’est aussi composer avec la nature.

Tous ces conseils permettront de renforcer la résistance au gel et d’en limiter les effets. Néanmoins, n’oubliez pas que la nature reste imprévisible et que l’homme ne peut en maîtriser tous les aspects. Même s’il est décevant de voir sa récolte compromise, gardez en tête que vous pourrez très probablement profiter à nouveau, dès l’année suivante, des plaisirs des fruits du jardin.