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Faune auxiliaire : laissez une part de liberté à la nature, elle vous le rendra.

Pour maintenir un verger cultivé écologiquement en bonne santé, il est essentiel de bien sélectionner des variétés rustiques et de conserver autant que possible l’équilibre naturel de la faune environnante. Nous vous en parlons régulièrement : vos premiers alliés sont les insectes auxiliaires. Par la seule action des auxiliaires, les ravageurs sont contenus, voire éradiqués, sans aucune intervention de votre part.

Syrphe adulte

La faune auxiliaire, c’est quoi ?

Dans un jardin fruitier, tout ne repose pas uniquement sur les soins apportés aux arbres. Une multitude d’organismes vivants, souvent discrets, voire invisibles, jouent un rôle essentiel dans l’équilibre naturel : c’est ce que l’on appelle la faune auxiliaire. Favoriser sa présence, c’est faire le choix d’un verger plus sain, plus résilient et plus durable.

La faune auxiliaire regroupe l’ensemble des organismes vivants utiles au jardinier, en particulier ceux qui participent à la régulation naturelle des ravageurs ou à la pollinisation.

On distingue principalement :

  • Les prédateurs : ils consomment directement les ravageurs (coccinelles, chrysopes, syrphes…)
  • Les parasitoïdes : ils pondent dans ou sur un ravageur, entraînant sa mort (certaines micro-guêpes)
  • Les pollinisateurs : indispensables à la fructification (abeilles, bourdons…)
  • Les décomposeurs : ils enrichissent le sol (vers de terre, cloportes…)
Larve de coccinelle

Pourquoi sont-ils essentiels au verger ?

Encourager la faune auxiliaire permet de :

  • Limiter naturellement les ravageurs, sans recours systématique aux traitements
  • Réduire les maladies, en maintenant un équilibre biologique
  • Améliorer la pollinisation, donc la qualité et la quantité des fruits
  • Renforcer la résilience du jardin face aux aléas climatiques ou biologiques

Un verger riche en biodiversité est un verger plus stable.

Concentration de coccinelles sur un pommier touché par les pucerons.

Comment attirer la faune auxiliaire dans nos jardins ?

Dans la nature, tout est question d’équilibre. Dans nos jardins, parfois très aseptisés, on laisse peu de place aux herbes sauvages. Pourtant, un espace d’herbes hautes ou un tas de bois sont des abris précieux pour la faune auxiliaire.

Il serait illusoire de laisser un terrain en totale autonomie et d’espérer y récolter des fruits ou des légumes, mais réserver quelques mètres carrés à Dame Nature peut s’avérer bénéfique.

La diversité végétale est la clé : préservez des haies champêtres, semez des bandes fleuries (phacélie, trèfle, bourrache…), conservez des zones de plantes spontanées.

Vous pouvez semer des bandes fleuries contenant plusieurs essences dans différentes zones de votre terrain. En échelonnant les semis et en variant les espèces semées, vous offrirez un refuge aux auxiliaires du printemps à l’automne. Ces fleurs fournissent nectar, pollen et abris.

Mélange de graines de trèfle, bourrache, calendula, sarrasin, sainfoin…

Certaines fleurs attirent naturellement les ravageurs, comme les pucerons. Lors de leur arrivée dans votre jardin, les bandes fleuries seront privilégiées et vos fruitiers seront épargnés. Les auxiliaires se chargeront de maintenir la population de ravageurs sans incidence sur vos cultures.

En plus d’apporter de la couleur à votre jardin, les bandes fleuries fertilisent votre terrain, évitent l’érosion du sol provoquée par un sol nu et limitent l’apparition de plantes spontanées plus difficiles à contenir.

Chrysope adulte

En période de gel, les bandes fleuries, les tas de bois et de pierres représentent des zones refuges pour les insectes. Pensez également à installer des hôtels à insectes, surtout pour les abeilles solitaires et les chrysopes.

N’oubliez pas de laisser un point d’eau, qui peut également attirer certains insectes.

Vous l’aurez compris : attirer la faune auxiliaire et lui offrir un abri été comme hiver est l’une des clés de la réussite d’un jardin sain.

Inciter les auxiliaires à s’établir durablement

Pour conserver vos petits protégés sur le long terme, mieux vaut limiter les traitements. Même « bio », ils peuvent impacter les auxiliaires. Maintenez des zones refuges non perturbées où vous ne vous rendez pas quotidiennement, où vous pourrez laisser l’herbe haute et où la nature peut s’exprimer.

Laisser une zone « sauvage » dans votre jardin offre un abri à la faune auxiliaire.

Il est important de garder en tête que, dans toute culture, il y a une « part pour la nature ». Tolérer la présence des ravageurs est nécessaire pour conserver une source de nourriture pour les auxiliaires et les maintenir sur place.

Le rôle essentiel des oiseaux et des chauves-souris

Souvent oubliés dans la notion de faune auxiliaire, les oiseaux et les chauves-souris sont pourtant de précieux alliés du verger.

De nombreuses espèces d’oiseaux insectivores consomment une grande quantité d’insectes, notamment au moment de nourrir leurs petits. On appréciera particulièrement la présence des mésanges, grandes consommatrices de chenilles et de larves (dont le carpocapse). Les rouge-gorges, merles et sittelles participent également à la régulation des insectes et petits invertébrés.

Rouge-gorge

Une seule nichée de mésanges peut nécessiter plusieurs milliers de chenilles en quelques semaines.

Actives à la tombée de la nuit, les chauves-souris sont des prédatrices redoutables d’insectes volants. Elles se nourrissent notamment de papillons nocturnes (dont ceux responsables de larves nuisibles), de moustiques et d’autres insectes.

Une chauve-souris peut capturer plusieurs centaines d’insectes en une nuit.

Elles complètent parfaitement l’action des oiseaux, en intervenant à un moment où peu d’autres auxiliaires sont actifs.

Comment favoriser leur présence ?

Pour les oiseaux :

  • Installer des nichoirs adaptés (mésanges, rouge-gorges…)
  • Planter des haies variées offrant abri et nourriture
  • Laisser des zones un peu sauvages
  • Éviter les traitements chimiques

Pour les chauves-souris :

  • Installer des gîtes spécifiques (abris à chauves-souris) sur un bâtiment ou un arbre
  • Préserver des zones calmes, sans éclairage nocturne excessif
  • Maintenir une bonne diversité d’insectes (leur principale source de nourriture)

Ouvrez l’œil et observez vos petits soldats défendre vos fruitiers

Contre les pucerons :

  • Coccinelles (adultes et larves) : une larve peut consommer jusqu’à 100 pucerons par jour
  • Syrphes : leurs larves sont de redoutables prédatrices
  • Chrysopes

En combinant leurs efforts, ils permettent une régulation rapide des colonies sur pommiers, pruniers ou cerisiers.

Larve de syrphe

Contre le carpocapse (ver des fruits) :

  • Mésanges : grandes consommatrices de chenilles
  • Chauves-souris : capturent les papillons adultes

Installer des nichoirs et des gîtes peut réduire significativement les populations.

Un partenariat gagnant-gagnant

En favorisant la faune auxiliaire, vous réduisez vos interventions tout en produisant des fruits plus sains. Vous améliorez la fertilité de votre sol et contribuez à la biodiversité locale.

C’est une approche à la fois écologique et pragmatique, particulièrement adaptée aux vergers familiaux.

La faune auxiliaire n’est pas un simple « plus » : elle est au cœur du fonctionnement naturel du verger. En intégrant pleinement les insectes, mais aussi les oiseaux et les chauves-souris, vous créez un écosystème équilibré et performant.

Prendre soin de ses arbres, c’est aussi apprendre à travailler avec le vivant, plutôt que contre lui.

Mésanges bleues